Situation
Le tibétain (བོད་སྐད་ en tibétain) est une langue appartenant à la famille des langues tibéto-birmanes. Il est parlé par environ six millions de locuteurs, dans la Région autonome du Tibet (occupée par la Chine), au Qinghai, au Gansu, au Sichuan et au Yunnan (République populaire de Chine), ainsi qu'au Ladakh, au Sikkim, au Bhoutan et dans le nord du Népal.
Le tibétain se subdivise en un grand nombre de dialectes. Parmi ceux-ci, le dialecte de Lhassa (ou Lhasa), qui sert de lingua franca parmi les Tibétains, est une langue monosyllabique à tons. Le rDzong-kha, un autre dialecte tibétain, est la langue officielle du Bhoutan. Toutefois, certains autres dialectes, comme ceux de l'Amdo, n'ont pas de tons et ont des groupes de consonnes initiaux compliqués, qui reflètent davantage ceux qui sont marqués dans l'orthographe.
Histoire
Le tibétain a été créé au VIIe siècle par Thönmi Sambhota, un ministre du roi Songtsen Gampo(~ 617 - 650) à partir de la devanâgarî. Le roi Songtsen Gampo qui facilita l'introduction du bouddhisme au Tibet, avait eu très vite envie de voir tous les enseignements du Bouddha, écrits en sanscrit, traduits dans sa langue nationale. Malheureusement aucune langue écrite était susceptible de véhiculer toute la richesse contenue dans ces enseignements. Le roi chargea donc son ministre d'aller en Inde accompagné de six autres sages afin de créer de toute pièce une langue et sa grammaire capable de traduire les enseignements du Bouddha.
C'est donc sous le règne de ce roi que le bouddhiste commenca à s'implanter au Tibet à la place des religions animistes dont le roi, au début de son règne, était un fervent partisant. Pour des raisons politique Songtsen Gampo épousa une princesse népalaise et chinoise qui toutes deux étaient pratiquantes bouddhistes et qui réussirent finalement à convertir leur mari. Bâtisseur infatigable il transforma Lhassa en capitale royale et sur la colline rouge de cette nouvelle capitale fit ériger un temple sacré, fondation du futur Potala (construit sous sa forme actuelle par le Vème Dalaï-Lama).
Mais même si l'élite du pays était convertie au bouddhiste la majorité de la population restait fidèle à ses pratiques animistes et il fallu attendre le règne du roi Trisong Detsen à partir de 755 et surtout l'arrivée de Padmasambahava pour que le bouddhiste s'implante durablement.
Description de l'écriture tibétaine
Le tibétain est noté au moyen d'un alphasyllabaire (ou semi-syllabaire ou encore abugida) qui est un ensemble de signes utilisés pour représenter les phonèmes d'une langue. Situé à mi-chemin entre un syllabaire et un alphabet, il consiste en des signes représentant des syllabes dotées d'une voyelle par défaut et d'autres signes, souvent annexes, modifiant, remplaçant ou supprimant cette voyelle par défaut.
La devanâgarî (mot sanskrit, देवनागरी / devanāgarī, signifiant « (écriture) citadine divine » ou «(écriture) de la ville (nâgari), (provenant) des dieux (deva)») qui sert de base au tibétain est l'alphasyllabaire utilisé pour écrire, entre autres, le sanscrit, le hindî, le népalais, le marathi et plusieurs autres langues indiennes. La nagâri représente une dérivation locale (langue vernaculaire) et récente de la brâhmi, écriture essentiellement syllabique : chaque consonne est supposée suivie d’un a bref à moins que ne soit inscrit un signe vocalique abrégé (sauf à l’initiale du mot où le signe vocalique a valeur syllabique). Les groupes de consonnes sont notés par des ligatures. L’écriture brâhmi existait dès le IIIe siècle av. J.-C. L’origine sémitique en est probable, mais imprécisable : il pourrait s’agir d’un des avatars de l’alphabet phénicien.
Seconde déviation de l'écriture brâhmi, l'écriture tibétaine comprend trente lettres qui se combinent avec quatre signes diacritiques servant à noter les voyelles i, u, e, o. À cela s'ajoutent trois consonnes suscrites, qui permettent de changer de ton ou de supprimer une aspiration, et 4 consonnes souscrites pour noter des palatales ou des rétroflexes. Parmi les langues tibéto-birmanes, le tibétain est l'une des plus anciennement attestées, avec le tangoute, le birman, le néware et le meitei.
Le tibétain est une des rares langues sino-tibétaines a être encore notée avec son écriture d'origine et ceci grâce pour plusieurs raisons : l'écriture a été créée de toutes pièces afin de fixer le dialecte dominant et traduire des textes spirituels; l'enclavement du Tibet a limité les apports linguistiques dûs aux échanges/invasions comme on a pu le connaître en Europe; et la mentalité tibétaine n'est pas une mentalité de changement, elle est avant tout une mentalité d'évolution spirituelle.
Le langage tibétain
Le tibétain est une langue monosyllabique à tons où existent de nombreuses variantes et dialectes. Comme le mandarin le ton donné à une syllabe peut faire varier le sens associé à celle-ci. D'ailleurs la majorité des langues parlées dans le monde sont tonales, ce qui est souvent ignoré en Europe où les langues ne sont pas à tons sauf par exemple pour le lituanien, le slovène ou le serbo-croate. Et c'est ce qui rend si dur aux occidentaux l'apprentissage des langues orientales.
L'origine géographique supposée de la langue tibétaine et de ses différents dialectes est la Chine et plus particulièrement le bassin du fleuve jaune (tib. rMa-chu « le fleuve du paon ») ou du fleuve bleu (tib. Bri chu « fleuve de la femelle du yak »). La propagation de la langue se serait faite via les échanges commerciaux de céréales tels le millet ou le riz.
Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, quelques liens :
Manuel de tibétain standard
Les bases essentiels de la grammaire tibétaine
L'écriture du tibétain classique